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Mercredi soir, le 21e festival Vibrations Urbaines de Pessac se poursuivait au cinéma Jean Eustache avec la projection du documentaire  » C’est assez bien d’être fou « , un périple artistique écrit à 4 mains par Antoine Page et Bilal Berreni – alias Zoo Project – entre le Jura et l’Extrême-Orient sibérien.

Au prétexte du road-movie,  » C’est assez bien d’être fou  » expérimente la cohabitation du film et du dessin pour raconter 15 600 km de route à travers l’ancien empire soviétique.

Synopsis

Au volant d’un vieux camion des années 1970, Bilal, street artiste, et Antoine, réalisateur, se sont lancés dans un voyage de plusieurs mois jusqu’aux confins de la Sibérie. Au fil des pannes du camion et des rencontres avec les habitants s’improvise une aventure qui les mènera des montagnes des Carpates au cimetière de bateaux de la mer d’Aral, d’Odessa à Vladivostok. Un voyage artistique, alternant dessins et vidéo, entre road-movie et conte documentaire.

KULTE - Carré in post 125

Bande annonce officielle :

Go East, young man!

Au départ, en 2010, il y a la rencontre d’Antoine Page, réalisateur et de Bilal Berreni, plasticien reconnu dans la mouvance du street art (ou  » art urbain « ). Les deux hommes se découvrent des exigences et des ambitions semblables : le souci d’échapper aux chapelles du Landerneau artistique, la volonté de faire sauter les verrous qui sépareraient l’art pour initiés de l’art populaire, le goût de l’expérimentation. Très vite, un projet prend forme. Constatant la complémentarité de leurs médias de prédilection, l’image animée et l’image fixe, ils planifient un itinéraire filmé et dessiné qui pourrait, dit Antoine Page,  » rendre les aléas du voyage cinégéniques « . Pourquoi partir vers l’est ? Parce que le régime soviétique, en dépit de ses travers, a réellement tenté de mettre la culture à la portée de tous et que cela a façonné la perception qu’ont de l’art les habitants de l’ancienne URSS. Un artiste  » doit être capable de toucher tous les publics, sans distinction de culture ou d’éducation. La Russie, ou du moins l’image que nous en avions, correspondait à cette attente « , explique Antoine Page.

Le film du dessin, le dessin du film

Une des œuvres suspendues au-dessus de l'escalier du Potemkine - Photo © O. G. pour Kulte

Une des œuvres suspendues au-dessus de l’escalier du Potemkine – Photo © O. G. pour KULTE

La référence au road-movie s’impose : plans larges sur des paysages ouverts, rubans d’asphalte à l’infini et l’inusable On the road again de Canned Heat pour accompagner les premiers kilomètres. Le documentariste ne feint pas d’ignorer que ce genre cinématographique fait partie des références du public. Toutefois, le contexte contestataire qui a vu son émergence dans l’Amérique des années 1960 n’est pas le nôtre. L’itinérance, ici, ne questionne pas les valeurs fondatrices d’une société. Elle fournit plutôt l’occasion de constituer une galerie de paysages, de portraits, d’œuvres réalisées en cours de route par Bilal Berreni. Antoine Page a donc soin de prendre quelque distance ironique avec le road-movie de façon à rendre visible ce qui se passe lorsque la caméra est au service du dessin et le pinceau au service du film. Il filme l’esturgeon peint sur un mur lépreux, les silhouettes fantomatiques de matelots sur l’épave rouillée du Liénov, la foule d’Eisenstein reproduite sur toile de jute et suspendue au-dessus de l’escalier du Potemkine. Mais jamais il ne sépare l’œuvre de sa réalisation ni de sa réception. La caméra permet de montrer chaque peinture produite comme production, comme work in progress, mais aussi de garder la trace du moment où elle trouve son public, puisque, rappelons-le, ce voyage a pour but de provoquer leur rencontre. Inversement, le dessin fournit parfois de meilleures solutions pour restituer la grâce d’un personnage, l’atmosphère d’un lieu et notamment, l’étrange combinaison du mouvement et de l’immobilité. Bilal Berreni prend alors le relais, reconstituant des scènes en papiers dessinés, découpés et collés : les heures de camion, le travelling consacré à la traversée nocturne de Manyana, la foule bigarrée du train kazakh que le spectateur découvre comme s’il parcourait les wagons. Le propos, en somme, c’est l’osmose du dessin et du film.

Les Russes après la perestroïka

Antoine Page au Jean Eustache - Photo © O. G. pour Kulte

Antoine Page au Jean Eustache – Photo © O. G. pour KULTE

Le voyage, c’est aussi de nombreuses rencontres et autant de portraits hybrides, filmés et dessinés au fil des étapes ukrainiennes, russes, kazakhes. Les zones traversées sont éloignées des grands centres urbains et leurs habitants, souvent, portent les stigmates de 2 régimes politiques. Il faut les écouter exprimer leurs regrets et leurs réserves. Anton, par exemple, évoque le démantèlement des réalisations soviétiques tombées aux mains des politiciens et des mafieux, avant de se désolidariser des 2 systèmes en citant (approximativement) Proudhon :  » Anarchie, mère de l’ordre ! « . Piotr, ancien chauffeur et gardien, met en regard les lois soviétiques interdisant le chômage et la pénurie d’emplois actuelle. Pour Geya, nostalgique de l’époque où la Russie effrayait le monde, «  il faut aimer Poutine « . À chaque fois, la caméra saisit l’instant où le portrait cesse de coïncider avec nos clichés et à cet égard, C’est assez bien d’être fou est un bon moyen de les dépoussiérer.

Bilal Berreni est décédé de mort violente à Détroit en 2013, quelques mois après la fin du voyage, alors qu’il travaillait sur un nouveau projet. C’est assez bien d’être fou fait partie des événements programmés dans le cadre de l’hommage que lui rendent ses proches et ses collaborateurs.

C’est assez bien d’être fou

Réalisateur : Antoine Page
Acteurs : Antoine Page et Bilal Berreni / Zoo project
Date de sortie : 28 mars 2018 (1 h 44)
Genre : documentaire
Production française
Distributeur : La Maison du Directeur

Vibrations Urbaines (VU) – 21e édition
Du 30 octobre au 4 novembre 2018
www.vibrations-urbaines.net
www.facebook.com/vibrations.urbaines
twitter.com/VU_Pessac
instagram.com/VU_Pessac
05 57 93 65 18

Cinéma Jean Eustache
7 bis, rue des Poilus – 33600 Pessac
http://www.webeustache.com/
https://www.facebook.com/cinemajeaneustache/?ref=hl
https://www.instagram.com/cinema.jean.eustache/
05 56 46 00 96

Zoo project
https://www.zoo-project.com/hommage/

 

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