La culture, les arts et les sorties en partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Ulysse monte sur les planches au Théâtre des Quatre Saisons

Ulysse (Viktoria Kozlova) rencontre sa mère aux Enfers – Photo © Simon Gosselin
Ulysse (Viktoria Kozlova) rencontre sa mère aux Enfers – Photo © Simon Gosselin
Suivez-nous et partagez svp !
Flux RSS
Envoyer par e-mail
LinkedIn
Share
Twitter
Visit Us
Follow Me
Instagram
YouTube
YouTube

La compagnie À Tire-d’aile était hier au Théâtre des Quatre Saisons, à Gradignan, pour une représentation d’Odyssée, adaptation de l’épopée homérique conçue par une figure montante de la mise en scène : Pauline Bayle.

Ulysse rentre à Ithaque. Ce simple argument a donné lieu à l’une des œuvres majeures de la littérature mondiale et alimenté l’imaginaire de générations d’artistes. Aujourd’hui Pauline Bayle tente avec Odyssée une transposition de l’épopée pour la scène.

Synopsis

Après 10 années de guerre à forger sa valeur dans le fer et la douleur, Ulysse veut rentrer chez lui. En quittant les rives de Troie, il espère que le retour sera aussi prompt que la guerre a été longue. Mais voilà 9 ans qu’il erre en vain sur la mer et que sa terre natale se dérobe sans cesse sous les plis de la mer. Alors Ulysse s’inquiète : et s’il avait traversé une guerre dont on ne revient pas ? Et si, malgré sa valeur, il n’avait pas de quoi payer le prix du retour ? Tandis que L’Iliade raconte comment faire la guerre, L’Odyssée raconte comment en revenir. Au fil des péripéties d’Ulysse se tisse le portrait d’un homme fait de creux et de contradictions qui, soumis aux vents contraires du destin, est prêt à tout pour sauver sa vie et retrouver les siens.

Un diptyque antique

Ulysse vient de crever l'œil de Polyphème (distribution de la création) – Photo © Simon Gosselin
Ulysse vient de crever l’œil de Polyphème (distribution de la création) – Photo © Simon Gosselin

Odyssée est le 4ème spectacle de la toute jeune Compagnie À Tire-d’aile, fondée par Pauline Bayle. En 2011, élève du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD), elle rassemble quelques camarades pour monter sa pièce, À Tire-d’aile, suivie en 2013 par À l’ouest des terres sauvages. Et comme «  la valeur n’attend point le nombre des années « , elle forme le projet de prendre par les cornes le père, la source, l’alpha de nos littératures européennes : Homère soi-même. Elle met en scène Iliade en 2015 puis Odyssée en 2017. Si l’on en croit Italo Calvino,  » un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire « . Pauline Bayle choisit de lire les 2 épopées à la lumière l’une de l’autre et oppose à L’Iliade, comme histoire d’un conflit, L’Odyssée comme histoire d’une résilience.  » L’Iliade racontait comment faire la guerre, L’Odyssée raconte comment s’en remettre « , explique-t-elle. Achille incarnait des vertus viriles et l’appétence à la gloire ; Ulysse incarne la mètis, la ruse qui permet d’échapper aux coups du sort. Homère est plus que cela, bien sûr, mais il est cela aussi. Dès lors, le travail de transposition pour la scène porte sur 2 points : le remaniement du texte et sa représentation.

Ulysse (Viktoria Kozlova) rencontre sa mère aux Enfers – Photo © Simon Gosselin
Ulysse (Viktoria Kozlova) rencontre sa mère aux Enfers – Photo © Simon Gosselin

Homère en jeans et baskets

Pauline Bayle a un parti pris de fidélité. Elle cite volontiers les traductions canoniques («  l’aurore aux doigts de rose « ) et le spectateur se découvre surpris d’entendre sur scène ce langage chargé de lourds ornements, ce phrasé ciselé par la scansion, ces réparties d’envergure, en un mot, le souffle de l’épopée. Pour l’essentiel, Odyssée suit l’original, de la Télémachie à la vengeance d’Ulysse. L’exercice n’est pas sans risque : ramener 12 000 vers à une représentation de 90 minutes pourrait donner un regrettable best of d’Homère. C’est ici que l’ingéniosité de Pauline Bayle trouve des équivalences entre les dispositifs scénique et textuel. Sa mise en scène est minimaliste : des vêtements qui pourraient être ceux des répétitions ; pas de décors, rien que quelques chaises et des jeux de lumière. 5 acteurs assument 15 rôles qui ne leur sont pas assignés. Ils peuvent se les approprier quel que soit leur sexe ou leur personnage la minute d’avant. Cette souplesse transforme la contraction du texte en rythme et en mouvements scéniques, en occupation de l’espace, en révolution permanente, quasi chorégraphique, des liens qui rapprochent ou opposent les personnages. Certes, on peut pinailler lorsqu’un personnage dialogue avec une espèce de chœur antique ou lorsque Ulysse se montre à Nausicaa dans son plus simple appareil (chant VI). Les Grecs des épopées homériques n’étaient pas ceux qui ont conçu la tragédie et la statuaire classiques.

Ulysse : plus qu’un homme, moins qu’un héros

Télémaque reconnaît Ulysse sous les traits d'un mendiant (distribution de la création) – Photo © Simon Gosselin
Télémaque reconnaît Ulysse sous les traits d’un mendiant (distribution de la création) – Photo © Simon Gosselin

Il reste que cette mise en scène restitue une chose essentielle, un message capable de nous atteindre par-dessus les siècles parce qu’il ressortit à la part d’universel de cette épopée. Si chaque acteur peut répercuter la parole d’Ulysse, si les aléas de la fortune la bringuebalent d’une bouche à l’autre, c’est parce que son destin est aussi incertain que celui de tout un chacun et riche des mêmes possibles. Ulysse, héros et mortel, jouet des dieux, est conscient de sa condition : «  La terre n’abrite rien de plus fragile que les hommes «  dit-il aux prétendants avant le massacre. Et jusque dans sa faiblesse, il trouve les ressources de sa grandeur.

Iliade et Odyssée ont été conçus pour se répondre. Par chance, la compagnie À Tire-d’aile est en tournée en France jusqu’au mois de juin avec plus de 70 dates au programme.

Odyssée

Adaptation : Pauline Bayle d’après Homère
Mise en scène : Pauline Bayle
Avec : Manon Chircen, Soufian Khalil, Viktoria Kozlova, Mathilde Méry, Loïc Renard
Équipe de création : Charlotte van Bervesselès, Florent Dorin, Alex Fondja, Viktoria Kozlova, Yan Tassin
Assistante à la mise en scène : Isabelle Antoine
Scénographie : Pauline Bayle
Assistante scénographie : Lorine Baron
Lumières : Pascal Noël
Costumes : Camille Aït, Élise Cribier-Delalande
Création 2017 : MC2 Grenoble
Durée : 90 minutes

Théâtre des Quatre Saisons
Allée de Pfungstadt — Parc de Mandavit, 33170 Gradignan
www.t4saisons.com
www.facebook.com/Theatre.des.Quatre.Saisons
05 56 89 03 23

Compagnie À Tire-d’aile
34 rue Doudeauville, 75018 Paris
https://compagnie-atiredaile.com/
contact@compagnie-atiredaile.com

Suivez-nous et partagez svp !
Flux RSS
Envoyer par e-mail
LinkedIn
Share
Twitter
Visit Us
Follow Me
Instagram
YouTube
YouTube

Chaîne Youtube de Kulte - Web TV

Annonces sponsorisées

Affichage Aléatoire des Archives de Kulte

Cliquez sur les mots-clés ou les catégories de l'article affiché ci-dessus :

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Ce n'est ni la couleur de sa peau, ni son origine, ni sa race, qui font la valeur d'un individu, c'est, avant tout, son intelligence et sa culture.

Samuel Ferdinand-Lop - Les nouvelles pensées et maximes (1970)

La culture intellectuelle et artistique autant que l'hygiène préserve l'homme de la vieillesse.

Charles Régismanset - Les contradictions (1906)

Les esprits sans culture et sans lumières qui ne connaissent d'autres objets de leur estime que le crédit, la puissance et l'argent, sont bien éloignés de soupçonner même qu'on doive quelque égard aux talents, et qu'il y ait du déshonneur à les outrager.

Jean-Jacques Rousseau - Les confessions (1765-1770)

Il n'y pas d'art sans amour, il n'y a pas d'amour sans art. La culture est à la fois ce qui nous rapproche et nous différencie, l'art en est une représentation qui nous rassemble ou nous divise, qui nous rejoint ou nous sépare. L'art et la culture sont des éléments de la vie qui nous font comprendre et aimer la vie, l'imaginer, la magnifier, la rêver.