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Rumble : l’impact musical amérindien

Rumble - Link Wray - Photo DR
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Dans le cadre du Festival Musical Ecran, était projeté ce jeudi à l’Utopia de Bordeaux le documentaire inédit ‘Rumble : The Indians Who Rocked the World » Ce film réalisé par Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana met en lumière la contribution d’artistes indiens nord-américains dans la musique populaire moderne. 

Témoignage en notes pour un apport culturel longtemps nié

Le titre du film n’a pas été choisi de manière anodine. Il correspond à un morceau composé par Link 

Rumble - Link Wray - Photo DR
Rumble – Link Wray – Photo DR

Wray en 1958. Né en Caroline du Nord en 1929 et issu de la tribu Shawnee, cet artiste figurant dans le top 50 des 100 plus  grands guitaristes sélectionnés par le magazine Rolling Stone fut bien la 1ére rock star amérindienne . Méconnu du grand public, peu de personnes peuvent s’imaginer qu’il demeure une influence majeure pour ses contemporains. Dès ses débuts, il se singularise par un rock-blues animal et amplifié jouant sur la distorsion et l’usage maîtrisé de l’effet Larsen. Il a ouvert la voix aux courants musicaux des 3 décennies suivantes avec le punk, le heavy metal et le grunge. Les ventes records de l’instrumental Rumble n’empêchèrent pas le boycott des stations radios américaines frileuses, face probablement aux origines et à une perception potentiellement subversive de sa production. Il n’en reste pas moins que ses pairs, Iggy Pop en tête, s’accordent à saluer les apports cruciaux de leur icône. De Chicago à la nouvelle Orléans, des grandes plaines au delta du Mississippi, ce documentaire hommage est parti en investigation sur les traces des traditions autochtones ayant apporté leur contribution. Durant les 102 minutes de ce road trip remontant le temps, les réalisateurs mettent en lumière ces rythmes patrimoniaux des Premières Nations qui se sont propagés tels des pulsations cardiaques pour investir les guitares, les batteries et les voix de la musique populaire et induire cet esprit de transe collective.En fil conducteur, Steve Salas, guitariste Apache virtuose qui a travaillé avec Mick Jagger ou Rod Stewart nous mène à la rencontre  l’Afro-Américain Black Indian Charley Patton, un des pères du delta blues ou de la sublime Mildred Bailey, autochtone issue de la communauté Coeur d’Alene, chanteuse jazz des années 30 vénérée par Billie Holiday ou Ella Fitzgerald. Les révérences s »enchaînent et l’on a vite le vertige en constatant les apports de Robbie Robertson aux côtés de Bob Dylan, jeune prodige canadien élevé dans la Réserve des 6 Nations,  de Jimi Hendrix, génie de guitare rock et dont les origines étaient en partie cherokee, du grand guitariste rock Jesse Ed Davis, d’ascendance comanche et kiowa sans oublier l’hallucinant batteur rock metal Randy Castillo qui accompagna notamment Ozzy Osbourne.

Une réhabilitation culturelle et politique émergente

Ce documentaire est aussi l’occasion de pointer du doigt l’ampleur de la volonté politique d’occulter et d’annihiler toute l’expression culturelle du peuple amérindien d’Amérique du Nord. Car « au début du XXe siècle, personne ne voulait être un Amérindien », souligne Steve Salas,  producteur exécutif du documentaire. Déplacés, parqués, voire massacrés durant les XVIIIe et XIXe siècles, les Amérindiens n’ont en effet obtenu la pleine citoyenneté américaine qu’en 1924, plus de cinquante ans après les Noirs (1868). Considérés comme non-Blancs, ils ont continué à subir par la suite la ségrégation raciale jusque dans les années 60. Notre culture a également été prise pour cible », explique dans le document le musicien et activiste John Trudell, originaire de la tribu Santee, rappelant le massacre de Wounded Knee, en 1890. Craignant la montée d’un mouvement religieux baptisée « Ghost Dance », célébré par des danses et de la musique, l’armée américaine s’en est en effet pris, à l’époque, aux Indiens Lakota, tuant environ 300 hommes, femmes et enfants dans le Dakota du Sud. La projection de ce jeudi a été suivie d’une discussion avec l’écrivain québécois Éric Plamondon, spécialiste des cultures amérindiennes, séance organisée en partenariat et dans le cadre de l’Escale du Livre de Bordeaux. Il est ressorti de cet échange qu’il pouvait y avoir un espoir dans le sens où il y a vrai émergence de courants structurés soucieux d’environnement et de retour aux origines qui médiatisent cette culture si longtemps martyrisée.

Cette séance a été révélatrice pour le spectateur de faits méconnus et ce superbe focus intelligemment construit participe bien à un éveil des consciences pour une réhabilitation juste et nécessaire dans un monde en changement.

Informations Pratiques :
Musical Ecran

Festival de documentaires musicaux
Jusqu’à dimanche 8 avril 2018

We Are X
Dimanche 8 avril à 20h30
Au cinéma Utopia
Tarif : 10 € (concert + projection)
+ Remise des prix Musical Écran

Toutes les infos du festival Musical Ecran en cliquant ici

 

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Ce n'est ni la couleur de sa peau, ni son origine, ni sa race, qui font la valeur d'un individu, c'est, avant tout, son intelligence et sa culture.

Samuel Ferdinand-Lop - Les nouvelles pensées et maximes (1970)

La culture intellectuelle et artistique autant que l'hygiène préserve l'homme de la vieillesse.

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Jean-Jacques Rousseau - Les confessions (1765-1770)

Il n'y pas d'art sans amour, il n'y a pas d'amour sans art. La culture est à la fois ce qui nous rapproche et nous différencie, l'art en est une représentation qui nous rassemble ou nous divise, qui nous rejoint ou nous sépare. L'art et la culture sont des éléments de la vie qui nous font comprendre et aimer la vie, l'imaginer, la magnifier, la rêver.

Stéphan Foltier (2019)

Guide Artistes et Lieux culturels - Partie en ligne

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