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Hier à Gradignan, sur la scène du Théâtre des Quatre Saisons, Jacques Tardi, Dominique Grange et la formation Accordzeâm se produisaient dans un  » spectacle-concert  » mêlant dessin, lecture et chanson pour dénoncer, une fois encore, l’absurdité de la guerre.

Ce spectacle fait suite à l’exposition que la médiathèque de Gradignan a consacrée à Tardi. Il prend pour toile de fond le 1er conflit mondial. Pourquoi l’auteur de C’était la Guerre des tranchées revient-il sur ce sujet ?

Un spectacle hybride

En arrière-plan, les dessins de Tardi surplombent la scène. De gigantesques généraux, sur des monceaux d’ossements, font figure de divinités inquiétantes, avec les gueules cassées en guise de damnés. Les scènes de désolation se succèdent. La boue, omniprésente, charrie les débris de corps et de destins brisés. À droite, le dessinateur lit des extraits de 2 albums récents, Le Dernier Assaut et Putain de guerre !. Il endosse le rôle du « troufion » dans sa tranchée, ou celui du narrateur / commentateur qui prend le recul de l’analyse. Ses lectures contextualisent les chansons de Grange. Figure de la chanson engagée, celle-ci interprète son répertoire (elle a consacré au sujet Des Lendemains qui saignent) mais aussi Aragon, Brecht ou des morceaux d’anonymes qui répètent l’épuisement, le désespoir, l’injustice. Pour les accompagner, les 5 musiciens d’Acordzéâm, choisissent les roulements de la batterie, les grincements des violon et violoncelle, et les timbres plus populaires de la guitare et de l’accordéon.

Bande annonce :

KULTE - Carré in post 125

La guerre vue des tranchées

Dominique Grange, Jacques Tardi et les musiciens d'Acordzéâm - Photo © Anaëlle Trumka

Dominique Grange, Jacques Tardi et les musiciens d’Acordzéâm – Photo © Anaëlle Trumka

Le spectacle est porté par l’intention de témoigner : « On essaie surtout de parler de la souffrance du soldat ». C’est pourquoi le dessin est si expressif. Quand elle éclate en août 1914, la guerre serait presque jolie si les victimes n’abandonnaient leurs tripes dans les champs. Puis la destruction s’accélère. Les teintes, à l’exception du rouge, sont englouties dans la grisaille. L’anatomie se décompose. Tout finit dans un même magma. De lourdes taches sombres remplacent le dessin de contour. Ce même souci de témoignage explique pourquoi l’argot, l’équipement du poilu, le déroulement des exécutions sont fidèlement restitués : non pour le détail qui fait vrai, mais parce que la recherche documentaire est, chez le dessinateur, le pendant du devoir de mémoire. De même, si Grange prête sa voix à d’autres auteurs, si elle reprend des chansons d’époque, c’est pour conserver les traces de ce que fut ce conflit, plutôt que de l’interpréter. Qu’on songe, pour s’en tenir à cet exemple, que la fameuse Chanson de Craonne fait encore grincer les dents officielles.

Quelle mémoire pour la Grande Guerre ?

D’autres voix ont dit l’absurdité de la guerre : Giono, Barbusse, Remarque, Céline… À bien des égards, le XXe siècle sort de la crise de valeurs qui succède au conflit. Alors pourquoi

Illustration pour la chanson Hanging on the old barb wire - Photo © Anaëlle trumka

Illustration pour la chanson Hanging on the old barb wire – Photo © Anaëlle trumka

répéter, selon les mots de Tardi, « la monstruosité et l’inutilité de cette boucherie » ? En fait, il ne s’agit pas de dire quelque chose d’inouï : « C’est peut-être d’une grande banalité, mais je pense que c’est toujours bien de le rappeler ». Ainsi, la question n’est pas « quoi dire ? » mais plutôt « comment se faire entendre ? ». En cette période de centenaire de l’armistice, il y a d’ailleurs une ambiguïté à lever : le spectacle, explique Tardi, ne « s’inscrit pas dans le cadre des commémorations larmoyantes et hypocrites ». L’itinérance mémorielle, pour reprendre la formule en vogue, serait-elle une errance de la mémoire ? Se souvient-on assez que l’héroïsme est soluble dans le carnage, comme le patriotisme ? Putain de guerre ! Le dernier assaut vient faire entendre un contrepoint à la version officielle de la mémoire.

À l’heure où la fébrilité gagne les frontières de l’Europe, où les mêmes dirigeants font jouer les mêmes ressorts, peut-être n’est-il pas superflu de rappeler que les guerres sont faites par des gens à qui elles ne profitent pas pour des gens à qui elles profitent et qui ne les font pas.

Nota bene : les propos de Tardi ont été recueillis pour le Théâtre des Quatre Saisons à travers les interviews de Tristan Jérémy Gadras en novembre 2018.

Putain de guerre ! Le dernier assaut

Dessin et lecture : Jacques Tardi
Chant : Dominique Grange
Hautbois, guitare, voix : Jonathan Malnoury
Violon, Mandoline, Voix : Raphaël Maillet
Accordéon, voix : Michaël Bideault
Contrebasse, voix : Nathanaël Malnoury
Batterie : Franck Chenal

Durée : 90 minutes

Album du spectacle : suivez le lien

Théâtre des Quatre Saisons

Allée de Pfungstadt – Parc de Mandavit, 33170 Gradignan
www.t4saisons.com
www.facebook.com/Theatre.des.Quatre.Saisons
05 56 89 03 23

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