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Après Narco en 2004, Gilles Lellouche repasse derrière la caméra pour un nouveau long métrage, Le Grand Bain : un film qui laisse ses acteurs en slip (de bain) et montre que dans certaines circonstances, un carré peut entrer dans un rond.

Entre dérision et compassion, l’histoire retrace le parcours de quelques êtres qui, incapables de coïncider avec leur idéal, cherchent à la piscine une nouvelle estime de soi.

Synopsis

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

KULTE - Carré in post 125

Bande annonce officielle (distributeur : Studio Canal) :

La mare aux canards boiteux

La séquence inaugurale du film montre un nourrisson qui fait l’apprentissage des formes, s’efforçant de faire passer un cube par un orifice circulaire. Autant dire que l’histoire est placée sous le signe du principe de réalité et des contrariétés qui s’ensuivent. La vie des 8 canards boiteux du Grand Bain en est la regrettable illustration. Il y a

Bertrand (Mathieu Amalric), chef de famille déchu qui démarre sa journée par un bol de céréales aux anxiolytiques. Il y a aussi Simon (Jean-Hugues Anglade), rocker dont la carrière décolle depuis des décennies, prêt à n’importe quoi pour trouver grâce aux yeux de sa fille. Il y a encore Marcus (Benoît Poelvoorde) qui se rêve en golden boy mais n’est jamais qu’un petit combinard réduit à baratiner sa banquière. Tous sont parvenus à l’âge mûr sans avoir renoncé à leur part d’enfance, tous offrent le spectacle de l’usure ordinaire, d’une vie rêvée qui s’érode au contact de la vie quotidienne. Il faut un peu de temps à Gilles Lellouche pour constituer cette galerie de personnages. Mais elle a le mérite de n’en laisser aucun à l’état d’esquisse. Tous ont la densité du portrait et c’est pourquoi leurs travers sont risibles sans que leur détresse cesse d’émouvoir. Ils se retrouvent chaque semaine à la piscine, en ce lieu où chacun, pourrait-on dire, apparaît dans la vérité de son slip de bain. Les étiquettes sociales tombent avec les cravates et les tenues de vendeur. Il reste la vulnérabilité exposée au regard et l’intimité du vestiaire où chacun s’improvise analyste de l’autre.

De la piscine municipale aux championnats du monde

Cette écoute est l’amorce d’une dynamique qui aidera l’improbable Équipe de France de Natation Synchronisée Masculine à garder la tête hors de l’eau, sous la conduite de Delphine (Virginie Efira) qui lit de la poésie à l’entraînement, puis sous celle d’Amanda (Leïla Bekhti), adepte de l’injure et des coups de trique. L’ultime utopie tient donc dans un trou de 25 mètres de long, dégage une odeur de chlore et les gesticulations plus ou moins synchronisées de nos graines de champions sont le dernier effort avant de boire la tasse. Leur trajectoire ne va pas sans évoquer The Full Monty. Si Gilles Lelouche se défend de «  l’[avoir] jamais vu en entier « , le

spectateur retrouve cette atmosphère de crise existentielle sur fond de crise économique, la foi dans les vertus du groupe, dans la prise de risque, dans la dignité retrouvée. Pour autant, le film évite de tomber dans une déprimante morale de la rédemption par le dépassement de soi, de

On se jette à l’eau dans Le Grand Bain, avec Gilles Lellouche et Guillaume Canet ? Photo © Stéphan Foltier pour KULTE

On se jette à l’eau dans Le Grand Bain, avec Gilles Lellouche et Guillaume Canet ? Photo © Stéphan Foltier pour KULTE

l’effort enfin récompensé, de la reconnaissance qui rachète la souffrance. D’abord, parce que Gilles Lelouche ne laisse jamais une quelconque thèse prendre le pas sur le soin qu’il a de ses images, sur l’attention aux ombres, aux lumières, aux reflets des bassins ou à cette géométrie ondulante qu’on trouvait en bande dessinée dans Le Goût du chlore de Bastien Vivès. Ensuite, parce que la reconnaissance acquise est très relative. Quelle que soit leur trajectoire, les personnages du Grand Bain restent des tocards magnifiques. C’est peut-être leur vraie victoire : ils étaient risibles, ils deviennent drôles, à l’image de Thierry (Philippe Katerine) qui brandit sa coupe et un doigt d’honneur sous le nez de la très virile équipe de water-polo.

 » Si tu crois en tes rêves, ça va se réaliser. C’est faux « , dit Laurent (Guillaume Canet). Soit, mais l’expérience montre qu’on peut survivre à la réalité.

Le Grand Bain

Date de sortie 24 octobre 2018 (2h02)
De Gilles Lellouche avec Mathieu AmalricGuillaume CanetBenoît Poelvoorde, Virginie Efira, Philippe Katerine, Benoit Poelvoorde, Marina Foïs, Jean-Hugues Anglade, Félix Moati
Genre : comédie dramatique
Production française
Distributeur : Studio Canal
Sortie nationale : 24 octobre 2018

 

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