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Actuellement se joue au Théâtre National de Bordeaux Aquitaine " La Ménagerie de verre ", une des plus célèbres pièces de l'auteur américain Tennessee Williams, écrite à Chicago en 1944 et présentée en vertu d'un accord exceptionnel avec " The University of the South, Sewanee, Tennessee ". Le metteur en scène Daniel Jeanneteau revisite l'oeuvre pour une plongée dans le monde des souvenirs et la mémoire du cœur, loin de tout réalisme.

Tennessee Williams : un écrivain soucieux de théâtralité qui fuit la réalité

Né en 1911 dans le Mississippi, Thomas Lanier Williams de son vrai nom, livre des œuvres largement pénétrées d'une histoire personnelle compliquée et imprégnées des blessures d'un vieux Sud nostalgique. Entre une mère qui rêve sa vie, un grand-père pasteur épiscopalien, un père alcoolique et une sœur

Theatre de la Colline 2015-16
"La Ménagerie de Verre" de Tennessee Williams, mise en scène et scénographie
de Daniel Jeanneteau, avec Solène Arbel, Pierric Plathier, Dominique Reymond, Olivier Werner avec la participation de Jonathan Genet - Photo © TNBA pour KULTE

atteinte de schizophrénie, il trouve un échappatoire à ses peurs et culpabilités au travers d'une oeuvre qui projette ce monde intérieur cassé et joue le rôle d'exorcisme. C'est dans ce contexte qu'il est engagé à Hollywood en 1943 par la Metro Goldwyn Mayer pour des travaux de réécriture. Il en profite pour transposer l'histoire de sa soeur dans une pièce de théâtre en un acte, La Ménagerie de verre,  jouée le 31 mars 1945 à Broadway : " Depuis ce moment-là, devait écrire le New York Times vingt ans après, le théâtre américain, en fait le théâtre mondial, n'a plus jamais été le même ". Son apport au théâtre, où il apparaît comme l'un des seuls grands poètes tragiques du XXe siècle, est considérable. Dans son oeuvre, qui tient de l'expressionnisme et de la poésie visionnaire, l'homme est  sublimé dans ses moments de désespoir (Big Daddy découvrant qu'il va mourir, dans La Chatte sur un toit brûlant) ou de tendresse (les deux gosses de Propriété condamnée, 1945). Cela correspond à l'aspect romantique de cet écrivain pour qui "toute oeuvre créatrice, toute vie en un sens, est un cri du cœur. Dix-neuf de ses pièces sont créées à Broadway. Citons notamment: Un tramway nommé désir (1947, mis en scène par Elia Kazan et adaptée en France par Jean Cocteau).

Une histoire de blocs d'affectivité poétique et sous tension

Dans un appartement du Missouri, se croisent des figures familiales perdues et submergées par une charge émotionnelle qui les entraînent vers des plans de réalité décalés . L'univers est trouble et suggéré . Au travers d' une boîte de voiles clairs et délicats, nous découvrons Amanda la mère, éternelle jeune fille à la fois pathétique et touchante ,abandonnée par un mari inconséquent, qui ne peut se soustraire à ses souvenirs de gloire courtisane passée. Dominique Remond se révèle magistrale en mère castratrice qui tyrannise sans pour autant en avoir conscience son fils Tom (convaincant Olivier Werner), jeune homme englué dans un emploi à l'usine qui fissure ses rêves. Il est sur le fil de la rébellion, le seuil de l'évasion ne franchissant les portes du temps et de l'espace que pour mieux nous entraîner vers la matrice du sol ouaté et nous ramener vers l'enfermement indicible des espoirs déçus, l'amertume du possible impossible. La sœur, Laura poétiquement incarnée par Solène Arbel, n'échappe pas à la règle des rêves perdus. Solitaire, maladroite et complexée, elle ne peut se soustraire à l'emprise de cette mère à l'amour toxique, vampirisant son souffle vital. Incapable de quitter le monde de l'enfance, elle se réfugie auprès de sa collection de petits animaux de verre et évoque à peu de mots son amour secret pour Jim, incarné par le bouillonnant Quentin Bouissou, qui par un seul baiser immédiatement renié la plonge dans un silence définitif. La mise en scène épurée et minimaliste de Daniel Jeanneteau offre un écrin particulièrement esthétique et efficace à cette « dramaturgie du décalage, de la faille et de l'absence » pour des corps et des esprits qui se tournent autour sans jamais réellement s'appréhender.

Le spectateur se laissera facilement engloutir avec délectation dans ce monde d'irréalité et de songe éveillé aux tonalités subtiles de justesse cristalline sur fond de nostalgie.

Texte de Tennessee Williams
Traduction par Isabelle Famchon
Mise en scène de Daniel Jeanneteau

Jusqu'à demain samedi 3 mars 2018
TnBA – Grande salle Vitez – Durée 2h15

Prochaines représentations :
Vendredi 2 mars à 20h30
Samedi 3 mars à 19h00

Renseignements et réservations :
TnBA – Théâtre du Port de la Lune 

Place Renaudel - BP 7 - 33032 Bordeaux Cedex

Du mardi au samedi de 13h à 19h - +33 (0)5 56 33 36 80 - billetterie@tnba.org

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