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Hier soir se jouait à l’Opéra de Bordeaux la première de  » Mârouf , savetier du Caire « , opéra comique en V actes du compositeur Henri Rambaud mis en scène par Jérôme Deschamps sur un livret de Lucien Népoty d’après Les Mille et Une Nuits, recueil anonyme de contes populaires d’origine persane et indienne. Une forme légère pour des messages au delà des frontières des contrée et du temps.

Du XXème siècle à nos jours : le même engouement exotique au service du merveilleux

Cette œuvre fut jouée pour la première fois le 15 mai 1914 salle Favart à l’Opéra Comique quand la

Marouf à l'Opéra National Bordeaux Aquitaine - Photo © Vincent Bengold

Marouf à l’Opéra National Bordeaux Aquitaine – Photo © Vincent Bengold

France jouissait encore de son statut de puissance coloniale L’exotisme exprime alors une esthétique répandue parmi de nombreux musiciens, peintres et hommes de lettres européens dont certains, à l’image de Pierre Loti, deviennent de véritables professionnels de l’Ailleurs  Le mot véhicule une connotation positive dans le contexte de l’expansion européenne. Bien compréhensible alors que  le public fit déjà un triomphe à Mârouf, savoureuse peinture musicale de l’Orient, des sultans et des génies. L’Opéra Comique connut même son plus grand succès durant l’entre-deux-guerres avec ces aventures picaresques prenant une dimension internationale de Milan à New York en passant par Buenos Aires. Bordeaux ne fut pas en reste avec pas moins de 14 séries de représentations et le privilège d’accueillir Henri Rambaud en personne en 1925. Contemporain de Ravel et Fauré, ce compositeur précoce ayant écrit sa première symphonie à l’âge de 18 ans, incarnait un certain raffinement de la musique française. Notons qu’il est quelque peu regrettable qu’il soit  tombé dans l’oubli depuis lors.

Une reprise inspirée pour un voyage léger et haut en couleur

D’actes en actes, on peut suivre les péripéties d’un modeste savetier fuyant une épouse acariâtre et malfaisante. Maltraité, il invoque la justice d’Allah pour l’aider à réaliser ses rêves de monde meilleur. Mârouf s’évade donc du Caire vers le golfe persique en s’engageant comme marin sur un felouque qui

KULTE - Carré in post 125

Marouf à l'Opéra National Bordeaux Aquitaine - Photo © Vincent Bengold

Marouf à l’Opéra National Bordeaux Aquitaine – Photo © Vincent Bengold

finit par sombrer. Sauvé par un ami perdu miraculeusement retrouvé, il est amené par les bonnes grâces de sa destinée et une usurpation d’identité à croiser le chemin du Sultan vénal et l’amour de la princesse à la beauté foudroyante. Démasqué par un vizir sournois, il doit à nouveau fuir entraînant sa dulcinée pour une chevauchée dans les plaines désertiques jusqu’à cette rencontre miraculeuse d’un vieillard se transformant en génie pourvoyeur du trésor salvateur. Du Caire aux confins de l’Orient, le spectateur est emmené pour un ‘road trip ‘ onirique mêlant profusion de personnages pittoresques et apparitions magiques. Les coups de théâtre se succèdent aux portes du désert sur des effluves de musiques orientales, au service d’une saine bonne humeur. Les rires ne sont jamais très loin. Les décors minimalistes intelligemment orchestrés tels des boîtes à malice offrent paradoxalement une illusion de profusion surnaturelle. Les costumes chatoyants, colorés et surdimensionnés tout comme les chorégraphies lascives ou débridées ont parfois des connotations surréalistes version Alice au Pays des Merveilles le tout emmené par une performance lyrique incontestable.

Jérôme Deschamps nous livre dans sa note d’intention une réflexion intéressante et fédératrice de l’esprit de sa reprise :  » c’est une irruption foisonnante du merveilleux dans une réalité sociale et politique accablante qui me permet de plonger sans retenue dans l’univers des Mille et une nuits, avec la force éblouie de l’enfant qui s’enchante à la découverte d’un conte et conserve en lui cette croyance immédiate, innocente, infaillible et formidable en l’impossible « .

La légèreté de la forme ne masque en rien des messages plus profonds tels la véracité du réel, la frontière entre les mondes, l’illusion de l’impossible.

Jusqu’au  14 février 2018.

Renseignements et réservations :

Opéra National Bordeaux Aquitaine
Grand-Théâtre – Place de la Comédie – BP 90095 – 33025 Bordeaux cedex
05 56 00 85 95 – www.opera-bordeaux.com

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