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« Les Contes d’Hoffmann » : l’Opéra National de Bordeaux débute sa saison avec panache

Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Bordeaux - Photo © Eric Bouloumié
Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Bordeaux - Photo © Eric Bouloumié
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Il flottait une sublime ambiance de fantastique samedi dernier lors de la 2ème représentation de cet opéra de Jacques Offenbach,  jugé inclassable, et qui se joue en 1 prologue, 3 actes et 1 épilogue. Créé en 1881 à l’Opéra Comique, 5 mois après la mort du compositeur d’après le livret de Jules Barbier, adapté et tiré de la pièce que ce dernier a écrite en 1851 avec Michel Carré, ce chef-d’œuvre du romantisme français promet de vous entraîner vers 3h45 d’une plongée lyrique toute aussi vertigineuse que légère.

Tourment des sentiments et étrangeté magnifiés

Jacques Hoffmann (1819-1880), considéré comme «  le plus français des compositeurs allemands « , nous offre ici un chef-d’oeuvre, vraisemblablement le plus abouti de sa prolifique carrière. Avec plus de 650 opus dont 100 œuvres lyriques, le compositeur de génie excellant dans le genre de l’opérette dont il est le créateur fait là une incursion dans un univers plus grave et fantasmagorique au pays des histoires d’amour décevantes. Librement inspiré de la vie de l’écrivain allemand E.T.A. Hoffmann, ici est décrit un monde mystérieux où se rencontrent des forces humaines et surnaturelles 

Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Bordeaux - Photo © Eric Bouloumié
Les Contes d’Hoffmann à l’Opéra de Bordeaux – Photo © Eric Bouloumié

Nous partons à Munich, dans la taverne à vins de Luther où débute et finira l’histoire pour suivre le fil de 3 aventures imbriquées dans une principale. Le poète Hoffmann, confie à sa muse incarnée en amie et oreille attentive Nicklausse  la tragédie de ses 3 amours malheureux à l’issue chaque fois fatale mis en échec par 3 personnages maléfiques  dans lesquels le conseiller Lindorf joue un rôle crucial, vêtu de 4 costumes différents, tous plus diaboliques les uns que les autres. L’ironie veut qu’il soit fait référence à la représentation du Don Giovanni de Mozart en fil conducteur. Hoffmann se révèle en fait à l’antithèse du Don Juan avec cette fuite dans la recherche inévitablement vaine de l’idéal féminin. C’est une lente descente aux enfers quand l’illusion manipulée brise les rêves de folle passion pour la poupée Olympia, la tendre et fragile Antonia, puis la vénéneuse Giuletta. Avant que la baguette experte de Marc Minkowski aux commandes de l’ONBA ne donne le ‘la’ de cette soirée, ce dernier prévient : «  il se passe toujours quelque chose avec Les Contes d’Hoffmann « . En effet comme l’ombre d’une malédiction sur l’oeuvre, il nous annonce l’état de santé précaire de Jérôme Varnier incarnant Luther et Crespel. Le

chanteur ira finalement jusqu’au bout de sa prestation et fera résonner sa tessiture de basse avec brio. Le rideau s’ouvre donc sur un décor qui restera tout le long épuré, classique et sans fioritures, avec en clin d’oeil la réplique de l’escalier de Grand Théâtre de Bordeaux, tel un symbole et point d’ancrage nécessaire. L’attention ne doit du reste pas se perdre car la complexité de l’intrigue et de la mise en scène de Vincent Huguet sollicite une grande capacité d’intégration de possible possibilités de situations. L’intérêt est de cette approche au-delà du renouveau est de nous inciter à plonger plus loin de l’autre côté du miroir. Nous voici donc entraînés vers 210 minutes d’un périple qui s’articule comme un flash back cinématographique où l’intemporalité s’invite jusqu’aux costumes mêlant modernité et tradition. Bienvenu donc dans l’univers quantique du tourment. Adam Smith dévoile un Hoffman définitivement brillant et excelle dans son incarnation de sombre désespéré, alternant lumineuse exaltation et amertume avinée avec une aisance évidente. Le jeune ténor, révélation de ces dernières années, laisse ici s’exprimer tout son talent. On se réjouit de la parfaite complicité avec la mezzo soprano

Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Bordeaux - Photo © Eric Bouloumié
Les Contes d’Hoffmann à l’Opéra de Bordeaux – Photo © Eric Bouloumié

Aude Extrémo, toujours aussi touchante et envoûtante. Elle donne ici toute son ampleur au personnage ambigü de confidente et muse, et se révèle évidente dans le rôle fantomatique de la mère  d’Antonia. Quant à Jessica Pratt, elle irradie tout simplement et le défi est de taille.Elle incarne sublimement ce triptyque féminin et arrive à moduler sa voix si singulière de soprano à l’infini. Sa théâtralité est exceptionnelle et son charisme ravageur. Notons à ce sujet que dans l’acte 2, elle incarne une Antonia particulièrement touchante donnant toute la puissance dramatique et vocale à cette héroïne vibrante et sacrifiée. Défi tout aussi conséquent pour le  basse-baryton Nicolas Cavallier qui se meut avec une aisance déconcertante et jubilatoire dans le caractère méphistophélique du quadruple personnage de Lindorf. Toutes ces prouesses de tête d’affiche ne doivent pas faire oublier la superbe prestation des autres protagonistes et le bel équilibre qui règne avec les choeurs de l’Opéra National de Bordeaux dirigés par Salvatore Caputo dont la virtuosité se confirme au fil des représentations.

L’audience debout a ovationné la prestation et nous ne pouvons que vous encourager à assister à ce sublime opéra fantastique, testament d’un compositeur qui loin de toute trivialité savait célébrer les choses de la vie avec élégance.

Opéra  » Les Contes d »Hoffmann  » – Grand Théâtre de Bordeaux – Jusqu’au 1er octobre 2019

Prochaines dates de représentation :

  • Mardi 24 septembre.2019 à 19 h30
  • Jeudi 26 septembre 2019 à 19h30
  • Dimanche 29 septembre. 2019 à 15h00
  • Mardi 01 octobre 2019 à 19h30

Informations et réservations sur le site officiel :

https://www.opera-bordeaux.com/

Le Grand-Théâtre –Place de la Comédie, 33000 Bordeaux
Tel. : 05 56 00 85 95

Accès :

En voiture
Parking Tourny / parking Bourse-Jean Jaurès
Offre privilège pour les clients de l’Opéra
Forfait soirée de 6 € dès 19h sur présentation du billet du spectacle à l’accueil du parking
Informations au 05 40 12 11 52

En tram
Ligne B arrêt Grand-Théâtre et ligne C arrêt Quinconces

 

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Il n'y pas d'art sans amour, il n'y a pas d'amour sans art. La culture est à la fois ce qui nous rapproche et nous différencie, l'art en est une représentation qui nous rassemble ou nous divise, qui nous rejoint ou nous sépare. L'art et la culture sont des éléments de la vie qui nous font comprendre et aimer la vie, l'imaginer, la magnifier, la rêver.

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