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 » La nostalgie du futur  » : ontologie de notre humanité

Représentation de La nostalgie du futur de Catherine Marnas au TnBA dans le cadre du FAB le 9 octobre 2018 - Photo DR
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Dans le cadre du Festival International des Arts de Bordeaux Métropole, se jouait hier au Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, en 1ère mondiale, la toute dernière création de Catherine Marnas, directrice éclairée du lieu depuis 2014.  » La nostalgie du futur  » nous entraîne sur la route d’un voyage politiquement et humainement engagé où la plume du philosophe Guillaume Le Blanc fait résonner en fiction toute aussi corrosive qu’esthétique la pensée du poète, journaliste, scénariste et réalisateur italien Pier Paolo Pasolini afin de la confronter à notre réalité contemporaine.

Pasolini : un insoumis nostalgique au service de l’altérité

Né le 5 mars 1922 à Bologne, et assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, sur la plage d’Ostie, près de Rome, son œuvre artistique et intellectuelle, éclectique et politiquement engagée, a marqué la critique. Se situant toujours en dehors des institutions et des partis, il observe en profondeur les transformations de la société italienne de l’après-guerre, et ce, jusqu’à sa mort. Souvent en contradiction, c’est justement son anti-modernité qui lui donne la sensibilité de ce qu’est la modernité, et qui en fait le témoin de son temps. Cet auteur qui aime qualifier son souffle de « vitalité désespérée »  nous fait les témoins d’une dualité qui nous regarde, parce que nous aussi vivons une époque suspendue, difficile à définir  où l’on peut se

Représentation de La nostalgie du futur de Catherine Marnas au TnBA dans le cadre du FAB le 9 octobre 2018 - Photo (c) Photo officielle
Représentation de La nostalgie du futur de Catherine Marnas au TnBA dans le cadre du FAB le 9 octobre 2018 – Photo officielle

sentir à la frontière entre deux ères, témoins du passé et basculant dans un avenir incertain. Dans l’évolution de sa réflexion, il tend à voir le capitalisme dans ses manifestations contemporaines comme une nouvelle forme, plus virulente, de fascisme, un processus économique et politique voué à éliminer toute forme autre de vie, à l’œuvre dans tous les domaines : ceux de la vie quotidienne, bien sûr, dans la mesure où s’y développe un mode de vie propre à la culture de consommation, mais aussi ceux de la sphère culturelle, esthétique, artistique, ainsi que tout ce qui engage le rapport de l’homme à l’environnement. Faut-il se résoudre à accepter que, sous le masque dangereux de la tolérance, prenne forme une société profondément sectaire, rejetant toutes les formes de différence qu’elle ne peut pas intégrer ?

Une mise en scène sous forme de joute en balancier

Dès le 1er tableau, l’intention est posée : un radeau délabré, livré là, à la dérive sur fond de voilages fragiles inscrustés de statues gréco-romaines et tout à coup les 2 protagonistes surgissent, se provoquent, se cherchent et s’étreignent pour finalement se déchirer aussi désespérément que rageusement. Les figures fantomatiques ne sont pas loin. Alors en écho et format vidéo, l’extrait du film Accattone (1961) du cinéaste italien prend le relais. Voici le préambule d’un passionnant dialogue entre Pasolini et Guillaume Le Blanc, voyage  » querelleur  » en stroboscope au pays d’un monde tourmenté en proie au manichéisme. En fil conducteur de cette errance, les figures de ces 2 vagabonds, qui incarnent l’ascétisme de la fragilité lié à des vies minuscules, permettent de faire émerger de manière évidente la symbolique de cette humanité en perdition mais en perpétuelle quête de sens, en récurrente confrontation cherchant néanmoins l’adhésion. En va-et vient scénique parfaitement orchestré, le spectre de Pasolini dénonce la perte irréversible et crie sa nostalgie du passé lorsque Guillaume Le Blanc rétorque le concept de cette nostalgie du futur où nous tentons de créer quelque chose déjà voué à disparaître. Dans cet océan d’impermanence mis en exergue sur cette oeuvre, la puissance imaginative peut

Représentation de La nostalgie du futur de Catherine Marnas au TnBA dans le cadre du FAB le 9 octobre 2018 - Photo (c) Photo officielle
Représentation de La nostalgie du futur de Catherine Marnas au TnBA dans le cadre du FAB le 9 octobre 2018 – Photo DR

aussi bien être au service des pulsions destructrices que des pulsions de vie, et la capacité de régulation peut apporter aussi bien l’harmonie sociale que l’oppression par des normes excessives et inadaptées. A noter la merveilleuse scénographie de Carlos Calvo en constante mouvance subtile, via une alternance d’incrustation d’images sur voile, qui nous emmène entre onirisme et réalisme vers de sombres forêts aux lucioles (qui rappelle étrangement l’univers du peintre Guillaume Toumanian dans sa série «  De la Lumière « ) en passant par des vestiges en ruines et de tumultueux torrents et océans. Les 5 comédiens servent avec passion et évidente complicité cette oeuvre intelligente qui ne se prive pas d’une touche d’humour grinçant pour aborder un sujet grave et profond.

Telle une piqûre de rappel, cette brillante  » Nostalgie du futur  » trouve toute sa résonance dans une actualité chaotique où capitaliste brutal, montée des extrémismes et dérèglement climatique nous obligent à nous interroger sur notre responsabilité de citoyen du monde et notre volonté d’appartenir au « peuple des lucioles  » pour un éveil des consciences afin d’illuminer notre devenir. 

Prochaines dates de représentation :
Mercredi 10 octobre à 20h00 
Jeudi 11 octobre à 21h00 
Vendredi 12 octobre à 20h00 
Samedi 13 octobre à 19h00 
Mardi 16 octobre à 20h00
Mercredi 17 octobre à 20h00
Jeudi 18 octobre à 20h00
Vendredi 19 octobre à 20h00 
Samedi 20 octobre à 19h30
Mardi 23 octobre à 20h00 
Mercredi 24 octobre à 20h00

Informations et réservations :

TnBA
Place Renaudel – BP 7, 33032 Bordeaux Cedex
Tel : 05 56 33 36 60
www.tnba.org/

Festival International des Arts Bordeaux Métropole
9 rue des Capérans, 33 000 Bordeaux 
Billetterie : 09 86 40 07 29 
contact@festivalbordeaux.com

https://fab.festivalbordeaux.com/fr/

 

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Il n'y pas d'art sans amour, il n'y a pas d'amour sans art. La culture est à la fois ce qui nous rapproche et nous différencie, l'art en est une représentation qui nous rassemble ou nous divise, qui nous rejoint ou nous sépare. L'art et la culture sont des éléments de la vie qui nous font comprendre et aimer la vie, l'imaginer, la magnifier, la rêver.