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En première française et dans le cadre du Festival International des Arts de Bordeaux Métropole, se jouait vendredi dernier au TnBA, la dernière création du sulfureux chorégraphe belge Jan Fabre . Mettant en scène le danseur italien Matteo Sedda, le ballet «  La  générosité de Dorcas  » a offert 60 minutes d’un solo décoiffant sous forme d’ode au corps.

Jan Fabre : un esthète aussi provocateur que prolifique

Tout à la fois est à la fois dessinateur, sculpteur, chorégraphe et  metteur en scène de théâtre, cet amoureux de la beauté revendique un parcours non convenu éloigné de toute fadeur et sachant briser les codes. Après avoir étudié à l’École des Arts décoratifs et à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, Jan Fabre s’intéresse dès 1976 à l’art de la performance, peignant avec son propre sang en 1977. Obsédé par la notion de métamorphose et les effets du passage du temps sur l’être vivant, il crée avec les carapaces des coléoptères des sculptures anthropomorphes. Une des œuvres les plus célèbres de Jan Fabre est le revêtement du plafond de la salle des Glaces du palais royal de Bruxelles, inauguré en octobre 2002 par les souverains, qu’il a recouvert de 1,4 million de carapaces de scarabées. De 1980 à 2005, Jan Fabre a mis en

La générosité de Dorcas de Jan Fabre le 19 octobre 2018 dans le cadre du Festival international des Arts de Bordeaux métropole - Photo (c) Photo officielle

La générosité de Dorcas de Jan Fabre vendredi 19 octobre 2018 dans le cadre du Festival international des Arts de Bordeaux métropole – Photo officielle

scène et en mouvement une trentaine de pièces mêlant théâtre et danse. La polémique n’est jamais bien loin quand, notamment,  il n’hésite pas à pratiquer des « lancers de chats » en l’air sur quelques mètres de hauteur dans les escaliers de l’hôtel de ville d’Anvers lors de la réalisation d’une photo faisant référence à une œuvre de Salvador Dalí. Même si ses œuvres peuvent être considérées comme parfois choquantes pour un public non averti, il demeure néanmoins un artiste majeur de la scène contemporaine. A noter que sa dernière représentation à Bordeaux remonte à 1996 pour le festival Sigma.

KULTE - Carré in post 125

Un culte au corps en quête d’extase

Avant que le focus ne débute, on a comme l’intuition que le voyage pourrait avoir une connotation mystique. Cela tombe bien car on est déjà installé sous le plafond étoilé de la grande salle Antoine Vitez. Mais qui est donc cette mystérieuse Dorcas dont il est question ? Le nom  fait référence à une figure biblique qui s’est occupée des pauvres en distribuant des vêtements et que le Nouveau Testament dépeint comme l’incarnation par excellence de la charité chrétienne. Elle  fut ressuscitée d’entre les morts par saint Pierre pour devenir la première disciple féminine de Jésus. Lorsque la scène sort de sa pénombre, la figure hiératique d’un personnage apparaît sous une forêt de stalactites en suspension telles des filaments de cristaux multicolores. Le danseur chapeauté, vêtu d’une superposition de voiles noirs et ganté de blanc commence à se mouvoir timidement sous un halo de lumière blafarde dans une succession de gestuelle fluide et saccadée. Il y a du mime Marceau et du Charlie Chaplin dans cette scénographie et l’expressionnisme du visage renvoie aussi aux masques de tragédie grecque entre sourires figés et regards tourmentés. Matteo Sedda se meut les bras tendus vers ces filaments qui se révèlent être un assemblage vibratoire de géantes aiguilles de couture que le danseur décroche après en avoir testé la puissance électrique au hasard de son errance

La générosité de Dorcas de Jan Fabre le 19 octobre 2018 dans le cadre du Festival international des Arts de Bordeaux métropole - Photo (c) Photo officielle

La générosité de Dorcas de Jan Fabre vendredi 19 octobre 2018 dans le cadre du Festival international des Arts de Bordeaux métropole – Photo officielle

chorégraphique. En résonance avec la figure biblique, il va peu à peu se dépouiller de chaque pièce de vêtement piqué de ces  » dards cosmiques  » qu’il livre en offrande au spectateur. Dans sa performance d’une parfaite maîtrise et et technicité, le danseur Matteo Sedda s’abandonne totalement. La répétition de certains mouvements mène l’interprète, livré au pouvoir de la musique exceptionnellement hypnotique du musicien belge Dag Taeldeman, à un état de lâcher-prise physique et mental comme une résurrection. La transe va crescendo pour aboutir à une apothéose extatique en semi nudité et  dévoilement du sexe.

Ce nouvel hommage de Jan Fabre à ses interprètes, source d’inspiration, ceux que l’artiste appelle ses  » guerriers de la beauté « , est définitivement un voyage esthétique intense où le corps glorieux se trouve magnifié avec audace, force et puissance. On a aimé se laisser emmener vers cette résurrection poétique électrique.

Prochaines représentations du FAB jusqu’au 24 octobre 2018 :

https://fab.festivalbordeaux.com/fr

 

 

 

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