Please follow and like us !
RSS
Follow by Email
Facebook
Google+
Google+
https://kulte-infos.fr/la-fille-mal-gardee-une-pantomime-bucolique-so-british
YouTube
YouTube
Pinterest
LinkedIn
Instagram

En décembre, le spectacle familial de fin d’année est une institution à l’Opéra National de Bordeaux. Mardi dernier avait donc lieu la première du ballet de Jean Dauberval créé le 1er juillet 1789 au Grand-Théâtre sous le nom de  » Ballet de paille  » ou «  Il n’est qu’un pas du mal au bien « . 230 ans après, c’est ainsi un retour aux sources pour  » La fille mal gardée « , monument du répertoire et plus ancien ballet du patrimoine classique, avec ici la chorégraphie en 2 actes de  Frederick Ashton sur une musique de Louis-Joseph-Ferdinand Hérold pour une nouvelle production en partenariat avec l’Opéra national de Paris.

Un bijou du répertoire français aux accents de modernité 

La légende veut que l’idée du ballet vint à Dauberval en voyant une eau-forte de Pierre-Philippe Choffard (1730-1809) tirée d’une gouache de Pierre Antoine Baudouin intitulée  » La Réprimande. Une jeune fille querellée par

Ballet " La fille mal gardée le 11décembre 2018 au Grand Théâtre de Bordeaux - Photo (c) Julien Benhamou

Ballet  » La fille mal gardée le 11 décembre 2018 au Grand Théâtre de Bordeaux – Photo © Julien Benhamou

sa mère « . Il en résulte quelques tableaux de farce paysanne colorée chorégraphiés dans un contexte pastoral idéalisé. À l’origine, la partition musicale consiste en un pot-pourri de 55 airs populaires français en vogue  dont les auteurs demeurent inconnus. Un vent nouveau souffle sur le pays à l’aube de la révolution et la mise en scène d’une idylle populaire est privilégiée à la tragédie antique. Ce ballet a été maintes fois repris, adapté et revisité jusqu’à ce jour, de la Russie aux Etats-Unis en passant par l’Allemagne l’Italie et l’Angleterre. La version actuelle, pleine d’humour et de gaité, a été imaginée par le britannique Frederick Ashton en 1960. Ce dernier confia à John Lanchbery, chef d’orchestre et compositeur au Royal Opera House  ( dans le quartier de Covent Garden à Londres ) le soin d’orchestrer la partition déjà maintes fois remaniée, notamment par le compositeur français Ferdinand Hérold en 1928 et l’allemand Peter Ludwig Hertel en 1864. Sa création pour le Royal Ballet de Londres est devenue la référence et la production déchaîne encore l’enthousiasme. D’un avis unanime, elle est considérée comme la version définitive de l’œuvre. Ashton évoque son inspiration ainsi :  » Dans mon imagination, il existe une vie au pays de l’éternelle fin de printemps, une pastorale luxuriante de soleil perpétuel et de bourdonnement d’abeilles.  »  

Le charme innocent d’une épopée romantique teintée de surréalisme 

Le rideau s’ouvre sur un doux paysage où de vertes et tendres collines rejoignent les cieux rêveurs, tel une esquisse de Béatrix Potter en agréable dégradé de tons pastels où l’on pourrait avoir envie de se perdre. Le panneau se relève et nous voici dans la cour de ferme. Le coq flamboyant chante et sort du poulailler accompagné de ses blanches poules, tous irrésistibles dans leurs collants rayés et plumages ébouriffés pour quelques pas de pattes absolument hilarants, préambule d’une journée campagnarde qui s’annonce bien remplie. Nous voici entraînés vers 120 minutes de scènes de pantomime saupoudrées d’un burlesque délicieusement exagéré. Lise, fille unique de Simone, une riche fermière, est amoureuse de Colas, un jeune homme désargenté, mais sa mère n’approuvant pas leur union tentera donc de les séparer en vain en complotant un mariage arrangé avec  Alain, fils d’un vigneron cossu, l’opulent Thomas. Rusée et tenace, Lise finit par triompher après mille subterfuges et détours. En fil conducteur, le ruban de soie rose réunit

Ballet " La fille mal gardée le 11 décembre 2018 au Grand Théâtre de Bordeaux - Photo (c) Julien Benhamou

Ballet  » La fille mal gardée le 11 décembre 2018 au Grand Théâtre de Bordeaux – Photo © Julien Benhamou

tous les protagonistes qui s’y attachent. Il rapproche Lise et Colas qui en usent comme lien sentimental symbolique. Il donne l’occasion de scènes dansées entre les 2 épris d’une extrême poésie et virtuosité. A travers la danse collective. il devient le lien social. Les tableaux se succèdent du champ de blé vers l’intérieur de la ferme avec aisance et fluidité. Dans ce pittoresque campagnard magnifié, les bottes de pailles volent, le voyage en charrette se fait avec un vrai cheval sur scène, les personnages se défient et jouent à cache-cache, l’orage gronde, moissonneurs et moissonneuses s’activent en toute espièglerie. La cocasserie théâtrale ne doit néanmoins pas occulter l’exigence technique de cette chorégraphie servie par une densité musicale toute aussi exaltante qu’émouvante. La danse des sabots, d’ailleurs inspirée de danses folkloriques anglo-saxonnes, donne l’opportunité à Alvaro Rodriguez Pinera qui incarne Mère Simone (toujours interprétée par un homme) de faire la démonstration d’une expressivité scénique extraordinaire. Perdu dans le tumulte des événements, Roman Mikhalev est plus que crédible dans son rôle de prétendant éconduit timide et maladroit. Quand à Oleg Rogachev (Colas) et Vanessa Feuillatte (Lise) tout aussi aériens que virtuoses, ils demeurent définitivement enchanteurs qu’ils évoluent en pas de deux ou en solo. Au final tous gardent le rythme de ces variations comiques qui s’enchainent allègrement. 

La naïveté rafraîchissante de ce spectacle tout en bonne humeur et légèreté ne peut pas mieux coïncider dans sa programmation quand nos sourires s’estompent souvent face aux événements préoccupants qui nous entourent. A savourer en famille ou entre amis.

 

Ballet  » La fille mal gardée « 

Prochaines dates de spectacle :

Vendredi 14 décembre à 20h00
Dimanche 16 décembre à 15h00
Lundi 17 décembre à 20h00
Mardi 18 décembre à 20h00 : audio-description proposée aux déficients visuels 
Mercredi 19 décembre à 20h
Jeudi 20 décembre à 20h00
Vendredi 21 décembre à 20h00
Dimanche 23 décembre à 15h00
Mercredi 26 décembre  20h00
Jeudi 27 décembre à 20h00
Vendredi 28 décembre à 20h00
Samedi 29 décembre à 20h00
Dimanche 30décembre à 15h00
Lundi 31 décembre à 20h00
 
Lieu :
Grand-Théâtre de Bordeaux
Place de la Comédie, 33 000 Bordeaux
Accès : Tram B arrêt Grand Théâtre

Renseignements et réservations :
Opéra National de Bordeaux

Grand-Théâtre – Place de la Comédie, 33025 Bordeaux cedex
Tél. : 05 56 00 85 95
https://www.opera-bordeaux.com/

 

Please follow and like us !
RSS
Follow by Email
Facebook
Google+
Google+
https://kulte-infos.fr/la-fille-mal-gardee-une-pantomime-bucolique-so-british
YouTube
YouTube
Pinterest
LinkedIn
Instagram