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Kino Session Bordeaux devrait organiser le Festival du Court au printemps

Alors que le festival des Campulsations vient de se terminer, voici un entretien avec le président de l’association  » Kino Session Bordeaux « , membre de l’association Kino Session international et organisateur des  » Kino Kabaret « . Cet événement qui permet de libérer toute la créativité d’un ensemble de passionnés de cinéma ou de technique, ou les 2, provenant de plusieurs pays, fait face à un certain paradoxe : une professionnalisation de son organisation avec l’accroissement de la participation de ces dernières années, avec des moyens financiers réduits et la difficulté à monter des dossiers de demande de subventions. Une situation paradoxale. Mais cela ne devrait pas les empêcher de coordonner le prochain Festival du Court de Bordeaux et de gérer les moyens techniques et humains.

 » Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais faire maintenant « , telle est la devise de Kino Session International. Pourtant, l’association bordelaise membre du groupe associatif international se plaint d’un manque de moyens. Un paradoxe assumé.

La montée en puissance

La professionnalisation de Kino Session Bordeaux s’est mise en place avec l’organisation des Kino Kabarets, dans le cadre du festival étudiant des Campulsations

Une des projections " Kino Kabaret " - Photo Livy Bertrand
Une des projections  » Kino Kabaret  » – Photo ©Livy Bertrand

organisé par le CROUS Bordeaux-Aquitaine (voir notre article du 19 septembre 2017 ici). Installés dans le magnifique bâtiment méconnu de la  » Chapelle du CROUS «  rue du Hamel pendant une dizaine de jours, les organisateurs et participants (réalisateurs, acteurs, etc. à tour de rôle) étaient aidés d’un responsable sécurité et propreté, 2 responsables bar et buvette, 1 responsable costumes  » HMC  » ( » habillage maquillage coiffure « ), 1 responsable studio son, 1 magasin pour le matériel géré par l’association  » Cahutabane  » (matériel divers comme les appareils de captation d’images et de prise de son de niveau professionnel prêté par les sociétés partenaires comme TSF, soit de quoi faire 15 tournages simultanément), 2 responsables  » Nounou  » pour la production (des conseillers et guides pour les producteurs-réalisateurs) et  » VHR  » ( » véhicules hébergement restauration « ) et 1 responsable communication.

 » Dans un temps record avec les moyens du bord « 

Cette machinerie mise en place grâce à des noms qui ont marqué l’évolution de Kino Session Bordeaux (association créée en 2005) comme Brice Perrochon, président en 2012 et ancien de l’agence événementielle ‘ Côte Ouest ‘, Pauline Reiffers et Joan Vigouroux fondateurs de

Jean-Baptiste Guignot, président de Kino Session Bordeaux, au milieu de la chapelle du CROUS de Bordeaux - Photo ©Livy Bertrand
Jean-Baptiste Guignot, président de Kino Session Bordeaux, au milieu de la chapelle du CROUS de Bordeaux – Photo ©Livy Bertrand

l’association, Sélim Bentounes et Johanna Carrère. Finalement, Kino Session est devenu un  » créateur d’événements «  pour l’actuel président Jean-Baptiste Guignot. L’origine de cette vocation de faire des événements autour du cinéma a démarré en 1999 à Montréal avec la création de l’association d’origine et la réalisation et projection d’un film par mois jusqu’en 2000. Il s’agissait donc de  » relever un défi en réalisant des courts métrages dans un temps record et avec les moyens du bord «  décrit-il pour expliquer les origines de Kino Kabaret,  » films projetés dans des appartements avec 150 spectateurs « … Une grande innovation appelée  » Grande accolade « .

Kino Session, organisateur d’événements

Le problème qui s’est alors posé à Kino était un problème juridique et de communication, car tout le monde commençait à faire du Kino et utiliser le nom. Et le problème de communication

L'équipe des " kinoïstes " 2017 poue les Kino Kabarets à Bordeaux pendant les Campulsations - Photo ©Livy Bertrand
L’équipe des  » kinoïstes  » 2017 poue les Kino Kabarets à Bordeaux pendant les Campulsations – Photo ©Livy Bertrand

est resté assez entier, comme via les réseaux sociaux avec environ 60 groupes Facebook… Pourtant, Kino Kabaret permet aujourd’hui de commencer à créer un réseau fédérateur, autour d’un événement récurrent fonctionnant comme un rendez-vous des  » kinoïstes « , avec sa philosophie, son mode de fonctionnement, ses règles(1), ses guides, ses partenaires et quelques moyens professionnels, même si tout cela est mis en place et géré par des bénévoles. Donc, finalement, de développer la créativité. Reste le plus dur : obtenir certaines compétences de gestion de projets, comme le montage de dossiers de subventions(2). A ce sujet, Jean-Baptiste Guignot s’insurge contre Bordeaux Métropole, la seule grande collectivité à ne pas subventionner le festival Kino Kabaret, dans un budget global de 14 500 € de subventions sur 25 000 € de fonctionnement. Et rejette complètement les arguments de non-compétence de Bordeaux Métropole en matière de culture (par rapport à la série d’événements subventionnés  » L’Eté Métropolitain « ), et le fait qu’ils ne soient pas dans la période prise en compte par L’Eté Métropolitain (à 15 jours près, et même en ayant proposé de faire un événement de type soirée-prologue 15 jours avant). Ainsi qu’à travers l’aide aux transports, puisque TBM ne donne plus les 50 tickartes illimités 10 jours comme les années précédentes, alors que de nombreux kinoïstes qui viennent à Bordeaux pour les Kino Kabarets sont étrangers. Tout en ajoutant un autre problème qui les touche aussi et de plein fouet : la suppression par le gouvernement des contrats de type CAE. La faute au système un peu trop basé sur les événements à paillettes, comme les compétitions, avec un prix SACEM, SACD ou bien CDC, ce que Kino ne propose pas puisqu’il n’est pas dans cet esprit… A noter que Kino Session Bordeaux animera de 20h à minuit samedi prochain, le 14 octobre à la bibliothèque de Bordeaux Mériadeck  » Fais ton cinéma  » dans le cadre de la Nuit des Bibliothèques, dont le concept sera  » Soyez le réal’, le comédien ou le technicien d’un soir avec l’association Kino Session et son plateau de cinéma en conditions réelles « .

Grande actualité pour Kino Bordeaux : le CNC (centre national cinématographique) souhaite leur confier l’organisation du  » Festival du Court de Bordeaux  » en mars 2018. Tout du moins la coordination et la gestion des moyens. Organisateur d’événements ? Pour sûr, ça tourne ! Rendez-vous au printemps.