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Exposition “ Périphérique ” David Siodos : incursion prégnante vers les mondes invisibles

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Jeudi dernier, l’Institut culturel Bernard Magrez à Bordeaux ouvrait les portes d’une salle intimiste pour  le vernissage d’une nouvelle exposition d’une trentaine de clichés, toute en intensité, consacrée au travail photographique d’un autodidacte au talent plus que prometteur. David Siodos, lauréat du Grand Prix Bernard Magrez 2017, était présent pour nous guider dans ce voyage en noir et blanc vers les frontières et de l’autre côté du miroir.

David Siodos : un parcours atypique et humaniste

Ce troyens d’origine, expatrié à Toulouse pour un emploi, aurait pu suivre le parcours conventionnel d’un salarié faisant carrière dans son entreprise. Mais les murs se révélèrent très vite étroits pour une urgence

Vernissage de l'exposition " Périphériques " de David Siodos le 22 novembre 2018 à l'Institut culturel Bernard Magrez de Bordeaux - Photo (c) David Siodos
Vernissage de l’exposition  » Périphériques  » de David Siodos le 22 novembre 2018 à l’Institut culturel Bernard Magrez de Bordeaux – Photo @ David Siodos

évidente à sortir du cadre sans savoir où vraiment pouvait le mener cette plongée dans le vide salvatrice, ce brûlage de pont pour un souffle de vie nouveau. L’ami, bien inspiré, qui lui conseilla d’investir dans un appareil photo ne pouvait s’imaginer que cela allait changer le cours de sa vie pour toujours. Les révélations intérieures et les parcours qui s’ébauchent, proviennent souvent de rencontres. David Siodos a poussé la bonne porte en s’invitant à l’exposition du photographe français d’origine russe Willy Ronis (1910-2009). La rencontre artistique entre celui  qui livrait avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique, et le photographe en émergence, s’est révélé être un choc de vocation. Après des incursions dans la photographie de street art, il descend donc dans la rue à la découverte des quartiers et des habitants . Un voyage en Inde de 6 mois a permis cette autre rencontre avec les gens, ces regards croisés fugaces et intenses, en miroir d’un instant d’humanité capturé. On peut ainsi retrouver ses déambulations de 2011 à 2015 au travers de 2 ouvrages photographiques  » Jours ordinaires  » ( paru en 2015) et  » Jours étranges  » (paru en 2016).

Le monde périphérique : espace de liberté ou quête de l’isolement nécessaire ?

La muse inspiratrice a donc décidé de guider les pas de David Siodos vers un lieu aussi improbable qu’à priori inhospitalier. Franchissant d’autres murs, l’errance le mène à l’extérieur de la ville vers ces abords de périphérique que l’on peut imaginer stérile mais où bat le pouls d’un monde parallèle. C’est encore une histoire de destin, d’une rencontre privilégiée, conviviale et généreuse avec un accidenté de la vie démuni de tout, qui pour ne pas sombrer, a fait le choix de récréer une bulle de vie réinventée dans sa  » cabane du bonheur  » et de positiver l’innommable. Pour l’artiste, elle va donc être le puissant déclencheur d’une plongée de 2 ans aux confins de notre civilisation, de terrains vagues, en bâtiments abandonnés,  » d’une passionnante incursion chez Alice au pays des merveilles « . Son oeil de photographe va partir à la rencontre de ces populations multicolores égratignées par l’innommable. Le cercle imparti à cet « innommable » se réduit à un point, c’est le trou noir au centre d’une galaxie, là où l’espace-temps se déforme, où tout est absorbé et s’engouffre sans pour autant disparaître. Travaillant avec un appareil argentique dont il lui-même créé les filtres (la technique restera confidentielle), il capture sans retouche, avec un juste dosage d’empathie et de distance ces  » gueules  » en brisure qui ont pu livré leur histoire, ces personnages  qui happent et se diluent en même temps. De la prostituée au jogger, du démuni au joueur de souzaphone, c’est un vagabondage sans misérabilisme au pays de fantômes bien vivants revendiquant une forme de liberté face une société formatée. Le périphérique a pour fonction de créer du lien mais génère en fait la rupture par des abords défigurés, des paysages amputés et du chaos sonore. Ces lieux sombres arrivent ici à devenir poétiques et oniriques, de la matière brute émaillée, fondue et évaporée. Il s’agit au final d’une expérience qui doit casser les barrières et extraire l’essence d’humanité chez chacun. A noter qu’un livre chapitré en 9 parties est en gestation regroupant

photos, poèmes et dialogues recueillis au fil de ces rencontres. 

Pour qui veut bien suivre les chemins de traverse de David Siodos, voilà une passionnante exposition qui, au delà de l’esthétique indéniable, questionne sur la perception du monde selon l’angle depuis lequel on se positionne. De quel côté se situe donc l’enfermement ? Pour finir, quelques lignes extraites des écrits de Romain Lasserre émaillant l »exposition :
«  Des lambeaux de nuit pendent à mes paupières.
Je me sens confit dans une lueur visqueuse.
Ma mémoire n’est qu’un trou dans lequel je creuse.
J’ai oublié demain. Je n’attends rien d’hier.« 

Exposition   » Périphériques «  jusqu’au 20 janvier 2019

Lieu :
Centre culturel Bernard Magrez
16 Rue de Tivoli, 33000 Bordeaux
Tel : 05 56 81 72 77
https://www.institut-bernard-magrez.com/

Site officiel de David Siodos :
www.davidsiodos.com/

Lisez ici notre article du Grand Prix 2017 de l’Institut culturel Bernard Magrez du 30 septembre 2017

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