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Pour sa 2de édition, le festival Ciné-Notes était consacré cette année à Bernard Herrmann, l’un des plus grands compositeurs de musiques de films oeuvrant pour les mythiques réalisateurs qui ont fait l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Du 7 au 15 mars à l’Auditorium, l’Opéra National de Bordeaux a ainsi proposé une semaine d’excellence avec, en entrée de programmation, un concert-hommage de l’ONBA intégralement retransmis en direct sur Radio Classique puis une ciné-conférence, 2 séances de cinéma sur grand écran avec  » Pas de printemps pour Marnie «  (d’Alfred Hitchcock en 1964) et  » Taxi driver  » (de Martin Scorcese en 1976) pour enfin clôturer avec 2 soirées de ciné-concert autour de  » Sueurs froides  » (d’Alfred Hitchcock en 1958).

Bernard Hermann : un maître de la dissonance balayant tout académisme

Premier enfant d’une famille juive d’origine russe, Bernard Herrmann naît à New York en 1911. Avec pour livre de chevet le  » Grand traité d’instrumentation et d’orchestration modernes  » d’Hector Berlioz, il s’initie à la composition. Dès la fin des années 20, il plonge rapidement dans la nouvelle scène musicale new-yorkaise bouillonnante. A la fin des années 30, il s’impose comme l’un des compositeurs pour radio

Ciné-concert " Vertigo / Sueurs froides " d'Alfred Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann à l'Auditorium de Bordeaux le 14 mars 2019 - Photo (c) DR

Ciné-concert  » Vertigo / Sueurs froides  » d’Alfred Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann à l’Auditorium de Bordeaux le 14 mars 2019 – Photo DR

les plus brillants après être rentré comme chef d’orchestre chez CBS (Columbia Broacasting system). Mais sa rencontre avec Orson Welles va être le tournant majeur d’une carrière spectaculairement mise en lumière. Leur première collaboration sur le film  » Citizen Kane  » en 1941 aura un retentissement plus que significatif et marque dès lors un tournant dans l’histoire de la musique de film.  S’en suivront plus de cinquante créations majeures pour le 7ème art et une mise en valeur plus que prolifique des oeuvres d’Alfred Hitchcock (il compose pour 8 films du célèbre réalisateur britannique entre 1955 et 1954). Son dernier chef d’oeuvre verra le jour en 1976 avec «  Taxi driver «   de Martin Scorcese dans lequel il investit le champ du jazz symphonique. A noter l’ironie d’un décès qui survient quelques heures après avoir fini d’en enregistrer les dernières notes. Avide de nouvelles techniques comme les instruments électriques et les bandes inversées, il s »inscrit définitivement comme un précurseur d’exception.

Spirale en leitmotiv telle le cheminement de la vie

La salle était comble pour cette avant-dernière date de festival jeudi dernier. Lorsque le chef d’orchestre Ernst Van Tiel donne le « la » avec la célèbre ouverture ( » Prelude and Rooftop » ) nous voici  instantanément plongés par les 3 notes ascendantes puis descendantes qui créent ce malaise saisissant, dans l’ambiance hypnotique de l’histoire au suspense angoissant. Avec une inspiration de génie, Herrmann a composé une ritournelle obsédante qui commence comme une musique de quatuor. Au coeur du San Fransisco des années 50, nous voilà happés dans la spirale fatale de Scottie, inspecteur de police qui a été limogé parce qu’il est sujet au vertige. Un de ses vieux amis le charge de surveiller sa très belle femme, Madeleine, dont le comportement étrange lui fait craindre qu’elle ne se suicide. Scottie la prend en filature, la sauve d’une noyade volontaire puis s’éprend d’elle. Cependant, en raison de sa peur du vide, il ne parvient pas à l’empêcher de se précipiter du haut d’un clocher. Pour ceux qui n’auraient pas vu le film, nous ne

Ciné-concert " Vertigo / Sueurs froides " d'Alfred Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann à l'Auditorium de Bordeaux le 14 mars 2019 - Photo (c) Nathalie Gellibert pour Kulte

Ciné-concert  » Vertigo / Sueurs froides  » d’Alfred Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann à l’Auditorium de Bordeaux le 14 mars 2019 – Photo (c) Nathalie Gellibert pour KULTE

pouvons en dire davantage. D’emblée, la couleur est aveuglante, les 3 primaires à savoir le rouge, le vert  et bleu participent à l’expressionnisme qui intensifie toute la dramaturgie du cauchemar à l’idéal en passant par le spectral. Au fil des scènes, on plonge insidieusement vers la tragédie d’une rencontre qui ne peut se faire quand l’un et l’autre se perdent avant de se trouver. En résonance, les douces orchestrations laissent place au fracas des cuivres puis aux lamentations ou envolées lyriques des cordes. Les boucles sonores se répètent inlassablement telle cette spirale qui entraîne vers l’inéluctable tragédie. Tout le génie de Bernard Hermann réside dans ce millimétrage d’orchestration qui lui permet de s’accorder au rythme propre du film sublimant l’irréalité de la réalité.

Voilà encore un excellent choix de programmation qui met en avant une esthétique aussi scalpel qu’onirique. Servies par la virtuosité des musiciens de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, ces envolées fulgurantes ont transporté tout un public qui a largement applaudi ces 2 heures de puissante angoisse musicale.

Prochaines dates de concert à l’Auditorium de l’opéra de Bordeaux :

Les 21 et 22 mars 2019 à 20h00 : Le concert Bach / Mendelssohn / Montsalvatge / Beethoven de l’ONBA avec la cheffe américaine Karen Kamensek et la violoniste française Fanny Clamagirand

https://www.opera-bordeaux.com/calendar

L’Auditorium de l’opéra de Bordeaux – 8-13 cours Georges Clemenceau, 33000 Bordeaux

Accès :

En voiture : parking Q-Park – 13 Cours Georges Clemenceau, 33000 Bordeaux ou Parking Gambetta – Rue Edmond Michelet, 33000 Bordeaux – Forfait soirée de 19h à 2h : 6 € et offre avantage Abonnés. Information et réservation sur q-park-resa.fr
En tram : ligne B Gambetta
En Vcub : station Gambetta
En taxi : borne taxi place Gambetta

 

 

 

 

 

 

 

 

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