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Another Day of Life en avant-première nationale à Pessac

Carlotta Machado dans les délires de Kapuściński – Photo © PlatigeImage
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Événement phare de la vie culturelle pessacaise, le 29e festival international du film d’Histoire se poursuit jusqu’au 26 novembre. Parmi les 70 films programmés au Jean Eustache, Another Day of Life, de Raúl de la Fuente et Damian Nenow, est tiré de l’ouvrage du reporter polonais Ryszard Kapuściński, D’une guerre l’autre.

Another Day of Life a pour toile de fond l’Angola en 1975, alors que la guerre civile succède à la guerre de décolonisation. Ryszard Kapuściński, correspondant permanent pour la PAP, agence de presse polonaise, relate les faits dont il est témoin. Ou peut-être les romance-t-il. À moins qu’il y participe…

Synopsis

Varsovie, 1975. Ryszard Kapuściński (43 ans) est un brillant journaliste, chevronné et idéaliste. C’est un fervent défenseur des causes perdues et des révolutions. À l’agence de presse polonaise, il convainc ses supérieurs de l’envoyer en Angola. Le pays bascule dans une guerre civile sanglante à l’aube de son indépendance. Kapuściński s’embarque alors dans un voyage suicidaire au cœur du conflit. Il assiste une fois de plus à la dure réalité de la guerre et se découvre un sentiment d’impuissance. L’Angola le changera à jamais : parti journaliste de Pologne, il en revient écrivain. La bande-annonce vidéo officielle ici :

 

Raúl de la Fuente au Jean Eustache – Photo © O. G. pour Kulte
Raúl de la Fuente au Jean Eustache – Photo © O. G. pour KULTE

De l’usage du cliché

Le film suit l’ordre chronologique des événements et se présente comme un assemblage de scènes d’animation, d’images d’archives, d’entretiens avec des témoins du conflit ayant croisé la route de Kapuściński. Le spectateur peut réchigner à adhérer à des situations, à des personnages qu’il a déjà vus dans La Déchirure ou Under Fire : les villes et les hommes délabrés, les amitiés viriles, les rebelles romantiques, les journalistes débraillés, les timorés qui reculent face au danger et l’aventurier-reporter, la tête brûlée investie d’une mission sacrée : informer ! Du reste, pourquoi le double animé de Kapuściński a-t-il davantage de cheveux flottant au vent que son modèle ? Cela étant, le même spectateur ne peut longtemps ignorer que le récit journalistique est pris dans le détour d’une réflexion sur les conditions dans lesquelles il est produit. Et de même dans le film, les zones du réel et du fantasme, les scènes dessinées, les archives, les interviews contemporaines jouent le rôle de contrepoints les unes des autres, soulignant qu’entre les faits et leur représentation par l’image, il y a toujours des procédés de fabrication (ceux du cliché, par exemple).

L’observateur modifie l’objet observé

On le sait, la question des conditions de l’objectivité journalistique n’est jamais résolue. Dans le cas présent, on imagine qu’un ressortissant d’une république populaire doive composer avec la censure. Les origines de Kapuściński expliquent en tout cas qu’il ait suivi le conflit avec le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA) et selon certains, comme Olga Stanisławska, qu’il ait évolué vers le reportage littéraire. Mais plus encore que ce « prérequis idéologique », ce qui frappe, c’est l’impossible posture du reporter, lequel ne peut se soustraire aux faits qu’il relate. Les belligérants font de lui un acteur de leur lutte, réclamant une photo, monnayant leurs services contre un article ou le chargeant de transmettre une information stratégique. Ils savent que leur combat est perdu s’il reste dans l’ombre :  » Assurez-vous qu’on ne nous oublie pas « , réclame Carlotta, passionaria de la cause du peuple. On peut sourire de ce  » che guevaresque  » personnage. Il reste que la lutte a besoin de figures mobilisatrices, que les médias savent les fabriquer et qu’y consentir est une façon de  » donner une voix à ceux qui n’en ont pas « , comme le reporter en avait l’ambition. Au demeurant, le sacrifice de Carlotta Machado pour une cause qui la dépassait n’est pas une fiction.

La littérature au service des faits

Carlotta Machado dans les délires de Kapuściński – Photo © PlatigeImage
Carlotta Machado dans les délires de Kapuściński – Photo © PlatigeImage

Kapuściński expliquait aussi la littérarité de son écriture par la sécheresse du style journalistique des dépêches. Les résonances émotionnelles associées à la guerre civile sont un aspect dont le film rend compte très habilement dans des scènes animées hallucinatoires où se téléscopent des épisodes biographiques polonais et l’expérience angolaise, des scènes de déliquescence et de  » confusão « , de confusion. Pas moins réelles que les faits empiriques, ces émotions paroxystiques font partie de l’expérience et l’expliquent en partie. À cet égard, l’invention littéraire est capable de restituer une part d’authenticité hors de portée du froid relevé des faits. La part de littérature est donc une autre manière de dire d’autres vérités.

Another Day of Life est un film habile dans lequel on devine une admiration sincère pour Kapuściński. Il peut être une bonne occasion de redécouvrir son œuvre, tant pour l’acuité de ses analyses géopolitiques que pour ses qualités d’écriture.

 » Another Day of Life « 

Réalisateurs : Raúl de la Fuente et Damian Nenow
Avec Ryszard Kapuscinski, Akie Kotabe, Wilson Benedito
Date de sortie nationale : 23 janvier 2019 (1h26)
Production espagnole, allemande, belge, polonaise, hongroise
Distributeur : Gebeka Films
Site officiel : https://www.anotherdayoflifefilm.com/

29e festival international du film d’Histoire

Du 19 au 26 novembre
7 bis rue des poilus, 33600 Pessac
05 56 46 25 43
contact@cinema-histoire-pessac.com
https://www.cinema-histoire-pessac.com/
https://www.facebook.com/FIFH2018/

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Cinéma Jean Eustache
7 bis rue des Poilus, 33600 Pessac

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